Les méchants produits financiers responsables de la crise

De nombreux documentaires, films ou encore reportages dressent une liste des produits financiers qui peuvent être tenus responsable de la crise financière de 2008. Cependant,la grand majorité de ces articles sont truffés d’un jargon économique hyper précis tout à fait incompréhensible. C’est à croire que les journalistes s’amusent à créer une sorte d’ambiguïté afin de faire sentir que ces produits financiers ne peuvent être véritablement compris que par une soi-disante élite. Je pense que cette approche est stupide. Nous pourrions effectivement parler de ces produits pendant des heures et nous attarder sur leurs nombreuses subtilités mais je pense qu’il est plus pertinent de se focaliser sur leurs points clés afin de se faire rapidement une idée générale. De plus, vous verrez que le principe de base de ces produits financiers est absolument trivial.

Cet article donnera une représentation très générale et schématique des différents instruments financiers qui furent au coeur de la crise financière de 2008. Ces définitions vous serviront de base afin de comprendre plus facilement l’article expliquant les causes de la crise financière de 2008. Mais ne vous inquiétez pas, cet article est intéressant dans le sens qu’il donne une bonne représentation de la logique financière.

  1. Mortgage backed securities ou MBS

Le premier produit et certainement le plus connu ; les ABS ou asset backed securities. Nous allons plus précisément nous intéresser aux Mortgage Backed Securities. En français, on pourrait traduire cela par titre adossé à une hypothèque. Afin de recentrer le contexte, il convient de dire que le monde des hypothèques était ennuyeux à l’époque. Votre banque détenait votre hypothèque et vous, le gentil propriétaire, lui donniez chaque année les gentils intérêts sur votre dette. Généralement, ces taux étaient relativement bas puisque la banque s’assurait de prendre un minimum de risques en vous demandant de nombreux documents administratifs en plus d’une somme importante de fonds propres. Donc en gros, les hypothèques, c’était petit risque mais petit revenu pour la banque – qu’est-ce que c’était ennuyeux! Tout ça changea quand Lewis Ranieri eut une idée révolutionnaire, les MBS. Son idée était la suivante : grouper des milliers de crédits hypothécaires dans un actif financier puis le revendre en petites tranches à des investisseurs privés. Par les merveilles de la diversification, le produit résultant était censé garder son petit risque mais augmentait de manière substantielle son rendement.

En résumé, les MBS, c’est un actif composé de nombreuses hypothèques qui est revendu sur le marché des actions. De cette façon, le contrat hypothécaire n’est plus détenu par la banque mais par plein d’investisseurs privés.

      2. Collateralized Debt Obliations ou CDO

Très rapidement, les CDO’s sont des actifs financiers fait de millions d’actifs liés à des mauvaises dettes. Ils sont vendus par tranches. Les tranches sont divisé en plusieurs groupes suivant leur niveau de risque. Par les miracles de la diversification,la réunion de ces mauvaises dettes étaient censés diminuer le risque total. Ces produits furent classés sans risques par la majorité des agences de notation. Comme la crise le prouva, ces CDO’s étaient en fait toxiques.

En résumé, les CDO’s, ce sont des actifs regroupant plein de mauvaises dettes qui sont vendues sous forme de tranches. Le risque de ces actifs ont été particulièrement sous-évalués par les agences de notation pendant la période précédant la crise.

     3. Credit Default Swaps ou CDS

Basiquement, les fonds de pension qui gèrent entre autres les retraites des gens se doivent d’investir dans des actifs sûrs. Cependant, si le fonds de pension veut acheter un titre qui est noté BB, il ne peut pas l’acheter car il est considéré comme trop risqué. C’est là que les CDS entrent en jeu. Pour résumer, une compagnie d’assurances (le plus souvent) permet au fond de pension d’acheter le titre relativement risqué en lui offrant une garantie. L’assurance dit; si tu achètes ce titre et qu’il fait défaut, je m’engage à te rembourser. Par contre, s’il ne fait pas défaut, tu me donnes un petit quelque chose. Comme l’assurance est notée AA par l’agence de notation (qui n’est pas gouvernemental je tiens à le préciser même si ce n’est pas le sujet de l’article), le fonds de pension est autorisé à effectuer cette transaction. En théorie, c’est du gagnant-gagnant. L’entreprise BB peut vendre ses titres au fonds de pension, le fonds de pension peut acheter des titres à haut rendement avec un faible risque et l’assurance a bien calculé son coup pour rentrer dans ses frais et être à même d’honorer ses promesses. Comme on le verra dans un autre article, il se peut que la compagnie d’assurance ait mal calculé son coup…

En résumé, les CDS, c’est une compagnie d’assurance qui offre un contrat à un fonds de pension où elle s’engage à rembourser le titre dans le cas où celui-ci fait défaut. Le fonds de pension est intéressé par un tel contrat car ceci lui permet d’avoir accès à des actions auxquelles ils ne pourraient accéder sans le contrat d’assurance.

 

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